Chers amis, chers collègues,
j'espère vous voir nombreux jeudi 24 juin à 18h à la Fnac des Ternes à Paris pour une rencontre autour de mon livre "Confidences d'une dermatologue" paru chez Robert Laffont.
A bientôt.
FF
j'espère vous voir nombreux jeudi 24 juin à 18h à la Fnac des Ternes à Paris pour une rencontre autour de mon livre "Confidences d'une dermatologue" paru chez Robert Laffont.
A bientôt.
FF
Mon petit chéri,
On a déjà supporté tellement de situations depuis le « mais qu’est-ce qu’il a ? » ou « il est mal élevé » jusqu’à « ne vous attendez pas à des miracles ».
On a eu le loisir pendant toutes ces années de réfléchir à
ce qu’est la tolérance et l’inclusion, mais aussi l’indifférence. Beaucoup se
sont donné bonne conscience parce qu’ils ne pouvaient pas faire autrement,
certains ont confondu tolérance et condescendance « c’est pas grave,
fais-toi aider ».
Parce qu’autiste, tu es différent, et cette différence-là, ce n’est pas juste de la diversité. Elle gène tous les aspects de ta vie. Tu es empêché. Elle t’envahit.
Le Pr Delorme a même employé le terme de
maladie. L’affiliation à la MDPH (maison départementale des handicapés) ne fait
que l’appuyer. Elle pourrait d’ailleurs se nommer plus positivement Maison de
l’inclusion, Maison des différences, ou Maison des solutions mais non c’est le
mot handicapé qui a été préféré.
On a observé la profondeur de la bêtise humaine. Mais aussi l’hostilité parce que parfois le
regard est plus méchant qu’ignorant y compris parmi les enseignants :
« il ralentit la classe » et le commentaire du prof de maths de 6e
avec l’approbation de la principale : « j’espère que tu trouveras un
établissement qui te correspondra mieux », ce qui en dit long sur
l’inclusion…
On a consulté, reconsulté.
On a écouté les autres nous détailler les choses
formidables que leurs enfants accomplissaient , vers quelle voie eux se
destinaient.
On a eu les yeux mouillés quand tu n’étais pas invité. Aux
réunions, aux rencontres sportives, aux anniversaires, aux soirées. On a
affronté tellement de regards.
Je t’ai vu serrer les dents quand tu entendais la musique d'une fête voisine à laquelle personne n’avait envisagé de te
convier.
J’ai si souvent mal dormi à me demander ce que tu
deviendrais, qui t’aimerait, qui seraient tes appuis, tes amis.
Des artistes se sont déjà intéressés à notre combat parfois
par la force des choses, avec leurs films, leurs livres : Samuel le Bihan,
Olivier Nakache et Eric Toledano, …
Les autistes sont souvent dépeints comme ayant des pouvoirs
extraordinaires tels des médiums hypersensoriels ou des génies en
mathématiques. Cela m’a toujours interpellé.
Les parents d’autistes comblant un cruel défaut de
compliments, ou naturellement aveuglés par un amour inconditionnel, emploient
des expressions mielleuses à leur endroit : « il est vraiment super
mon fils ». On en arrive à perdre en lucidité. On imagine un don du ciel. On
envisage même les bénéfices de cette contrainte.« Avoir un enfant handicapé m’a
rendu meilleur ou plus empathique ».
Mais les autistes sont avant tout des personnes en grande
souffrance à soutenir et à aider.
Alors mon chéri, comme dans la chanson, deviens génial.
Je te dirais volontiers que la route est longue mais cela
supposerait que ce n’est qu’un passage obligé, que cette route a une fin.
Hors j’ai enfin cessé de croire au Père Noel, et au Pr G.
pédopsychiatre renommé quand il déclarait : « Il est dysharmonique, petit
à petit cela va se réharmoniser dans tous les domaines mais ça prendra quelques
années encore. »
FF
Dans « Confidences d’une dermatologue* », Flora Fischer partage sur sa pratique avec bon sens et humanité.
Flora Fischer est de la génération X. Celle d’avant les repos compensateurs de garde et d’avant #metoo. Dans son récit-témoignage, sur sa pratique à l’hôpital et libéral, elle adopte un ton simple et direct, revigorant et réconfortant dans notre société. Elle fut interne dans les années 90, celles du sida et du Kaposi, où l’on n’épargnait pas les porteurs du virus, punis par là où ils avaient péché, y compris dans les rangs des prêteurs du Serment d’Hippocrate : « Alors le petit pédé de la chambre 32, il en est où ? ».
Tact dermatologique
C’est cette recherche du ton juste pour s’adresser au patient, que nous fait partager Flora Fischer, qui jongle de consultations en vénérologie où elle n’en finit pas de découvrir les fantaisies de ses patients : « Le vagin n’est pas une bouche à nourrir ou à nettoyer » ; « docteur, mon piercing est coincé » …aux demandes esthétiques de plus en plus pressantes de patient(e)s de plus en plus jeunes.
Une anecdote après l’autre, elle s’interroge sur ses modalités de réponses, d’explications fournies au patient, sur ses « obligations de médecin » et ce qui fait « un bon médecin », en somme. L’intérêt de l’ouvrage est qu’il pose autant de questions qu’il ne livre de certitudes. Avec humilité, la dermatologue se demande que faire de mieux que du laser vasculaire à cette patiente venue consulter pour une impression de cuisson au visage, survenue depuis la mort de sa petite fille lors de l’attentat de Nice. Ou que répondre à cette jeune fille voilée qui se plaint de l’état de sa chevelure mais ne peut ôter son foulard que le soir, loin du regard des hommes.
Entre doutes et conviction
La quête de la bonne attitude « sans trop de proximité ni supériorité », des justes mots au moment de l’annonce de la mauvaise nouvelle et du « dosage vérité-empathie » guident Flora Fischer qui décrit par petites touches la relation soignant-soigné, teintée encore davantage de fantasmes en ce qui concerne la dermatologie. Finalement le bon médecin ? « D’abord une personne de bon sens ».
Bonjour je suis Flora Fischer. Médecin spécialiste en dermatologie installée en libéral depuis plus de 10 ans, je suis également blogueuse et contributrice au Huffpost, Causeur, Libre.be…depuis 4 ans.
Je voulais vous annoncer la sortie de mon premier livre "Confidences d'une dermatologue" chez Robert Laffont.
D’abord, je raconte mon parcours de médecin, des études au choix de ma spécialité. De mes moments passés en tant qu’étudiante, externe et interne à l’hôpital, avec mes hésitations et mes regrets.
Je souhaitais intéresser les lecteurs aux aspects scientifiques et anatomiques de ma spécialité en leur exposant des cas cliniques de mon quotidien. J'y dévoile les aspects et les secrets de ma vie de dermatologue.
Les rapports au corps et à l'intimité y sont omniprésents et donnent parfois lieu à des situations étonnantes ou embarrassantes. Les patients se mettent nus et se mettent à nu et me font entrer dans leur univers privé. Je suis au cœur de multiples confidences.
Je passe de pathologies courantes à des maladies plus délicates.
Du sida dans les années 90 avec des atteintes cutanées majeures rendant cette pathologie reconnaissable aux cas de cancérologie avec l'annonce du diagnostic toujours très difficile et ses questions. Des cas de dermatologie pédiatrique sur fond d'inquiétude des parents, des cas de dermatoses affichantes mal vécues. Des cas d'atteintes génitales comme la syphilis ou les morpions.
C’est aussi la spécialité de l’embellissement puisque les demandes d’amélioration et de correction des rides, de la qualité de la peau, et la recherche du rajeunissement sont de plus en plus fréquentes.
Sous couvert de symptômes qui sollicitent l'attention et la technicité du médecin et de la confiance qui se noue alors, les patients me confient leurs histoires.
Cette multitude de rencontres formidablement humaines, ne manque pas de faire écho à ma vie personnelle et me permet de nombreuses réflexions.
Et surtout, je regarde avec beaucoup d'intérêt les attentes et les attitudes des patients. Notre métier à l’ère d’internet et des réseaux sociaux a totalement changé.
Les rapports médecin- patient et patient-médecin ainsi que les rapports entre les médecins ne sont plus les mêmes, je les considère et je tente de les analyser dans ce livre.
Plus largement, ce livre évoque la société dont j'ai la chance d'observer un échantillon tous les jours et ce depuis plus de 20 ans. Etre dermatologue c’est à la fois avoir la médecine et l’humain dans la peau.
Bonne lecture. Flora Fischer
Mon premier livre "Confidences d'une dermatologue" paraît chez Robert Laffont, c'est celui en rose, au dessus du nouvel essai d'Onfray. Il reprend dans un récit les différents thèmes des billets d'humeur: le rôle, le parcours et les fonctions du médecin, les relations soigné-soignant, l'anatomie intime, le sexe et ses aventures, mais aussi la dermatologie esthétique, la médecine du futur...Je compte sur votre soutien. Flora Fischer (Docteur F)
J'ai déjà eu la chance de pouvoir exprimer à quel point je bénissais la vaccination, en tant que médecin et en tant que patiente. (1)
Depuis mars, alors que nous vivons une période noire mêlée d'inquiétude
et de tristesse, cette lueur d'espoir qu'on attendait comme le messie est en
chemin.
Et là, alors que l'antidote a
passé la phase 3 avec succès, que les premières commandes ont été réalisées, et qu'il est sur le point d'être livré, que
se passe-t-il en amont ?
Voit-on des spots martelant sa venue comme une mesure au moins aussi
essentielle que « tousser dans son coude » ? Des clips
incitatifs qui parlent à tout le monde ?
Les médecins, les infirmier(e)s ont-ils été contactés pour
informer leurs patients, pour être opérationnels ? L’Armée, une réserve
sanitaire, une réserve civile constituée de volontaires motivés ?
La logistique, de l’approvisionnement à la conservation des doses jusqu’à
l’injection des français qui ne souhaitent que revivre, a-t-elle été
millimétrée ?
Seule la priorisation a été travaillée et explicitée.
On se prépare à se préparer tranquillement alors que l'épidémie a bien
repris et que deux mutants du SarsCov2 émanant du Royaume Uni et d'Afrique du
Sud ont émergé y compris sur notre sol. On est en retard par rapport à nos
voisins européens qui ont reçu des premières doses en provenance de la centrale
d'achat européenne sensiblement au même moment.
Encore bien plus par rapport à d'autres pays comme Israel, même si
aucune comparaison n'est envisageable. C'est un pays fondé sur le
« quoiqu'il en coûte », capable d'une détermination et d'une
logistique inégalables, qui n'a jamais eu le luxe de la tergiversation.
Certains économistes sont vent debout dont Nicolas Bouzou (2) car « seule la vaccination de masse nous sortira de la
crise économique et sociale » rappelle-t-il chaque fois que l'occasion lui
est donnée. Les politiques, les artistes (3), les médecins (4)… expriment leur
incompréhension.
Une entêtante envie d’avoir l’adhésion de tous les français
tout de suite ? Du lourd recueil de consentement au choix des 35 citoyens présentée
comme une victoire au bingo. Est-ce là l’égalitarisme que souhaitait le Président
lorsqu’il disait « il n’y a pas de sachants et de subissants » ?
Mais il y a bien pourtant un décidant.
Le Président dit également « qu’il faut être mobile,
qu’il faut s’adapter », ce qui est une bonne chose mais il faut aussi
devancer.
N’a-t-on pas envie de vite sauver le pays, de relancer l’économie,
d’aller au théâtre ou au restaurant ?
5. 5- https://www.lefigaro.fr/vox/
Assez régulièrement ces 5 derniers mois, j'ai très souvent entendu cette phrase : " tu es le seul cas grave que je connaisse.", du coup j'ai eu envie de partager ce qu'il m'est arrivé.
J'ai 44 ans au début de cette histoire, suis en pleine forme et nous sommes le 2 mars 2020. C'est mon premier jour chez Microsoft. L'onboarding démarre bien et je suis accueilli à distance par ma nouvelle boss, elle-même bloquée à Singapour à cause des restrictions sanitaires en Asie. En France, la pression monte en ce début mars et le spectre d'un potentiel confinement se dessine, chacun se posant la question de ce qu'il va faire si jamais nous en arrivons là.
Le lundi 16 mars, le président Macron annonce à tous les Français qu'un confinement total démarre le lendemain à midi avec, dès lors, l'impossibilité d'entrer et sortir de Paris. Je pars du coup me confiner chez un couple d'amis près de Reims avec ma famille. Nous y arrivons le mardi 17 mars. J'apprends en même temps qu'un de mes team member, ayant assisté a mon dernier staff meeting, 10 jours avant, est positif au Covid-19.
Nous passons 10 jours confinés, à digérer les différentes informations et à vivre plutôt normalement, le travail en remote étant une norme bien installée chez Microsoft. Nous en profitons pour deviser gaiement aux heures des repas, et d'enchainer les apéros avec un rythme soutenu.
A ce moment, nous étions plutôt sereins, grâce à un pseudo sentiment d'impunité, portés par la relative jeunesse de nos années et à cause d'un discours télévisuel exacerbant plutôt la fragilité de nos ainés. Nous nous sentions peu concernés.
Le vendredi 27 mars, je me lève avec une fièvre conséquente, environ 39° et un sentiment de fatigue que je traîne toute la journée. Le soir mes amis me narguent puisque je boycotte le sacro-saint apéro pour aller me coucher tellement je suis assommé par la fièvre. L'un de mes colocataires confiné se sent également patraque. C'est très confiant que je passe une nuit de repos, avec limite une pointe de soulagement en me disant : "bon et bien j'ai certainement attrapé le Coronavirus, je vais me confiner 15 jours et ce sera un souci de résolu pour la suite".
A posteriori, je suis incapable de dire comment j'ai été contaminé, certainement laxiste à un moment, j'ai du me relâcher sur les gestes barrières en allant faire les courses par exemple.
Le samedi 28 mars, je me réveille plutôt en forme, la fièvre a disparu et je participe au barbecue du midi en devisant avec mes compères et commence par prendre la surchauffe de la veille pour une broutille sans lendemain. La journée se passe bien et nous jouons le soir. Mon téléphone regorge de vidéos Time's Up, preuve indiscutable de ma bonne forme du moment.
Le dimanche est plus difficile, la fièvre revient pour repartir le lundi. Je finis par appeler l'hôpital du coin, à Bar Le Duc. Les urgences me confirment qu'ils sont saturés par les demandes et qu'il redirigent les potentiels malades directement en Allemagne pour une prise en charge optimale.
Ne souhaitant pas ajouter une barrière de la langue à un souci de santé, je rentre à Paris le mardi 31 mars avec l'intention de me confiner encore 10 jours.
Un mois jour pour jour après mon arrivée chez Microsoft, soit le jeudi 2 avril au matin, en ayant parcouru toutes les informations disponibles sur le Net sur les symptômes et n'ayant, à date, qu'une fièvre carabinée à 39.6°, je me décide à appeler SOS Médecins. Petit test rapide de la saturation en oxygène qui affiche un bon 95%, pas optimal vs le 100% attendu mais très raisonnable quand même. Pas de nécessité d'aller à l'hôpital mais évolution des constantes à surveiller...
Ce jour-là, je tergiverse jusqu'à prendre un coup de semonce groupé familio-amical m'enjoignant de ne pas faire le malin et d'aller me faire tester en urgence. Une amie médecin me conseille fortement d'aller à l'hôpital Georges Pompidou par mes propres moyens plutôt que de faire appel au Samu.
A 15h, résigné, je place trois caleçons dans un sac de sport et me rend en taxi aux urgences de Pompidou pour passer un test, convaincu au pire d'y rester la nuit.
A 16h, le test effectué, après une auscultation rapide, le pneumologue m'envoie passer une radio des poumons, l'air un peu préoccupé.
A 17h, le résultat est sans appel : poumons touchés à 55%, c'est très grave. Je suis reconduit dans une chambre, je signe la fiche d'admission et tente tant bien que mal de rassurer mon entourage.
Premières nuits laborieuses, les traitements entrepris prennent du temps à produire des résultats. Les journées du vendredi et du samedi passent très vite entre assoupissement et médication.
Quand je suis conscient, ca part dans tous les sens, j'ai une vraie peur malsaine qui monte, pas de celle que l'on a avant de se jeter d'un avion en chute libre mais une angoisse sourde qui me fait balayer toute ma vie. C'est pêle-mêle mais je me dis que je n'ai pas mis mes contrats d'assurance-vie à jour, qu'il n'y a pas de procuration sur mes comptes, que je n'ai pas fait de testament ...
Le dimanche 5 avril, ma saturation en oxygène est encore plus basse, je ne ressens pas de problèmes respiratoires mais en étant allongé sans aucune activité, difficile de savoir réellement ce qui se passe.
Vers 17h, le verdict tombe, je ne suis plus capable de respirer tout seul.
Je dois être intubé. Je suis placé dans un coma artificiel, à peine le temps d'envoyer un message à ma femme pour la prévenir : "ils vont m'endormir pour que je puisse respirer, ne t'inquiète pas, ca ira mieux dans deux jours".
19 jours de coma plus tard, je me réveille.
Nous sommes le jeudi 24 avril et un tube dans ma gorge m'empêche de respirer, je me rendors en permanence.
Le lendemain, le tube est enlevé, je peux enfin respirer un peu par moi-même, cela fait 20 jours que cela ne m'est pas arrivé... J'essaye de communiquer mais c'est très laborieux, j'ai encore beaucoup de médicaments dans le sang qui obscurcissent mon jugement. Je n'ai pas accès à mon téléphone car par mesure de précaution l'hôpital interdit de le récupérer pour éviter que l'on spamme la terre entière. Cela ne fait qu'accroître ma fureur.
Première discussion très compliquée avec ma femme : ravie et soulagée de me savoir réveillé et moi qui ne comprends pas ça, m'insurge contre tout et délire en permanence en échafaudant des plans d'évasion tous plus ridicules les uns que les autres.
Mes proches ont été tétanisés par ce qu'il vient de se passer pendant 20 jours et moi je reste concentré sur mon petit nombril comme si j'avais fais une sieste, à fulminer sans aucune reconnaissance pour le personnel médical qui m'a sauvé trois fois la vie. Ma mère me joint sur le téléphone de la chambre et raccroche quasiment immédiatement, bouleversée par ma voix d'outre-tombe.
Le samedi matin, j'arrive à faire quelques pas avec un déambulateur, j'ai perdu 14kg majoritairement du muscle. Mon cerveau, en plus de clapoter douillettement dans les médocs, ne réussit pas à comprendre que le reste de la carcasse n'est plus vraiment opérationnel. Du coup je passe mon temps à tout rater, je ne peux pas attraper quoique que ce soit sans le laisser tomber, bref il faut tout réapprendre.
Heureusement, je récupère très vite et après moult discussions/suppliques auprès du corps médical, j'arrive à sortir du service de réanimation, le dimanche soir, en étant sevré d'oxygène. Dorénavant, il me faut dormir et manger pour récupérer au plus vite : dormir en réa étant très compliqué avec le matelas qui tourne sur lui-même toutes les 15 minutes pour éviter les escarres.
Le lundi 29 avril, je récupère enfin mon téléphone et les messages affluent : je peux enfin rassurer tous ceux qui se sont énormément inquiétés pour moi tant dans mon cercle familial, amical que professionnel.
Dès lors le spectre du vendredi 1er mai (date de mes 45 ans) m'oppresse et je fais tout pour sortir au plus vite. Je prends la check-list des différents intervenants : infirmières, pneumologues, médecins chef, internes et kinés, prévient ma famille que je ne vais pas être super joignable et passe mon temps à optimiser tout ce que je peux pour valider ma sortie. Mon bilan d'hospitalisation m'est enfin communiqué.
J'apprends que j'ai failli mourir 3 fois. La première fois en arrivant le jeudi 2 Avril, si jamais j'avais attendu le week-end ou pire le lundi, quand le pic d'hospitalisations a commencé, je n'aurais eu aucune chance de survivre car mes poumons auraient été plus gravement touchés et le corps médical aurait eu moins de temps à me consacrer. Je me remémore que sans l'insistance de mes proches, j'aurais continué de travailler au moins jusqu'au samedi...
La deuxième fois pendant la première nuit dans le coma, 50% de chances que je passe la nuit à cause de la manière dont mon corps rejetait les médicaments.
La troisième fois lors de ma dernière nuit dans le coma, 10% de chances que je me réveille car cela faisait déjà une semaine qu'ils essayaient tous les jours. Il a fallu utiliser un protocole spécial pour y arriver.
Le mercredi 29 avril soit 5 jours après être sorti du coma, j'arrive enfin à rentrer chez moi dans une forme très relative physiquement mais avec un moral au top.
Mon anniversaire se passe divinement bien même si je peux à peine marcher mais le plaisir de revoir mes proches me donne une énergie incroyable.
Dès le lundi 4 mai, après avoir discuté avec les RHs et l'infirmerie de Microsoft je recommence à travailler quelques heures par jour en mode low touch. Au bout de 15 jours, je peux reprendre une activité normale.
Aujourd'hui, 5 mois après être sorti de l'hôpital, je me sens très bien, j'ai quasi tout récupéré, pas de séquelle, à part 7% de capacité pulmonaire en moins que je devrais retrouver.
J'ai eu à répondre à beaucoup de questions depuis ma sortie du coma.
Une récurrente à été ce que j'avais vu ou pas pendant ces 19 jours et j'ai le regret de dire que je n'ai aucun souvenir.
Et sur comment se remettre de ce genre de choses, il n'y a définitivement pas de règle mais pour moi une bonne idée à été de considérer que chaque progrès réalisé était une victoire sur hier et non pas sur ce que j'étais avant.
Camille L.M
Merci du fond du cœur au corps médical de l'hôpital Georges Pompidou, à tous ceux qui se sont relayés pour me permettre de respirer de nouveau aujourd'hui : aides-soignant(e)s, infirmièr(e)s, médecins, kinés... et particulièrement au Dr Jean Pastre.